MATIGNON

Matignon,
Une errance sonore et photographique dans les Grands Fonds, à la recherche de Matignon.

Film issu de l’Atelier d’essais radiophoniques et cinématographiques de Varan Guadeloupe.

 

 

la danseuse, essai de « film photographique »

Un essai sur une séquence de film réalisée en photographie « classique », c’est à dire en argentique noir & blanc. Vous me direz, c’est du déjà vu, mais ceci est un essai et l’idée d’après est d’aller plus loin dans le concept. Ici je test uniquement le montage image, d’où la musique.

La danseuse.
Avec Eulalie Elsker.

Un essai d’autobiographie

Mathias Walter (un essai de) biographie…

Je débute dans la vie d’adulte, avec quelques regrets de quitter l’enfance, par des études de littérature américaine à l’UFR d’Anglais Charles V , PARIS 7. Le choix d’une option intitulée Critique de cinéma moderne, me permet de faire la connaissance et suivre les enseignements du critique et cinéaste Jean Douchet ainsi que celles du directeur de la photographie Henry Alekan.

Passionné par la photographie, je décide d’approfondir mes techniques et compétences lors de mon service militaire à l’ECPA, l’établissement cinématographique et photographique des armées.

De 1999 à 2010, c’est principalement par le biais de la photographie de mode, que je réalise mes idées en mélangeant des techniques empruntées au cinéma et à la photographie documentaire. Je travaille pour la presse, notamment pour les magazines Madame Figaro et Elle.

Fasciné par les auteurs américains comme Paul Auster ou Philip Roth, je travaille sur des formes de narration inspirées de La Jetée de Chris Marker.

Mes thèmes de recherche tournent  autour de la beauté et de la féminité, mais je considère cette première avant tout comme une recherche d’identité, une certaine perte de l’innocence ou encore ayant un rapport un peu étrange avec la vie sociale, car elle instaure souvent de la distance et des relations peu naturelles avec autrui.

Le regard, l’envie, le désir, la soif de posséder la beauté, de se l’attribuer et de la voir si vite glisser avec le temps font partie de mes thèmes favoris. Rapports indirects avec la peur de la mort dans leurs recherches ultras modernes de l’éternelle jeunesse, faisant de la beauté une malédiction, mes protagonistes errent entre imaginaire, fantasme et réalité. Entre cinéma du réel et fiction photographique, je recherche une forme de narration artistique multiple, à l’image du temps et des techniques que j’aime, allant de la photographie chimique en noir et blanc au cinéma numérique, en passant même par la prise de sons asynchrones pour illustrer une histoire.

C’est ainsi qu’en 2008, je m’essaye au reportage en réalisant la première partie d’un documentaire photographique intitulé Le rêve de Cendrillon. À São Paulo, au Brésil, j’accompagne un chasseur de têtes de mannequins, un «scout».

Grâce à ces photographies, j’ entre comme contributeur à l’agence Rapho.

Sur le même sujet, je réalise le documentaire Ukraine : les espoirs d’une jeune mannequin à travers l’Europe.

En 2010 je suis engagé par le Centre culturel français de Constantine pour réaliser un documentaire qui raconte les relations entre la France et l’Algérie à travers l’univers de la mode féminine.

Entre 2009 et 2014 je réalise de nombreux courts métrages de fiction, en 35 mm ainsi qu’en numérique.

Je m’essaye au court métrage de fiction avec un premier film tourné en 35 mm, intitulé Fatale, qui traite de la petite mort qu’un homme ressent face à un désir coupable et à un choix impossible.

Le second, Saudade, un court métrage de 4 min en Anglais et en portugais brésilien, traite de la mélancolie, de l’amour et de l’éloignement dans l’espace ou dans le temps des êtres aimés. Ce dernier a été sélectionné au festival de courts métrages de Pantin dans la section expérimentale.

Viendra ensuite Spirit, sur la notion de la transmission artistique et Pola en 2012, qui parle du double et de la photographie en tant qu’image latente.

Boca de Sangre, interroge sur l’identité et la séduction « animale » et s’inspire librement de la Féline de Tourneur. Le dernier projet, Apparences, est un film noir basé sur les faux-semblants.

En tant que directeur de la photographie j’ai eu le plaisir de travailler avec des jeunes réalisateurs français comme Nathan Cahen, Virginie Bordes, Slony Sow et Amandine Maugy, et des grands acteurs comme Gérard Depardieu.

En 2014, je me forme au cinéma du réel aux Ateliers Varan de Paris, et de Pointe-à-Pitre :

« Pratique de la réalisation documentaire et montage documentaire » avec Yves de Peretti, Alice Diop, Anne Baudry et Sylvie Gadmer et « Atelier d’essais radio-cinématographiques » avec Daniel Deshays et Michel Creis de Radio France et Sylvaine Dampierre.

Dans ce cadre je réalise deux documentaires : L’image d’Après une histoire de résistance sur le déclin de la pellicule à travers les yeux d’un jeune projectionniste et Matignon une suggestion visuelle et sonore sur une ancienne minorité d’origine européenne venue se fixer dans les campagnes du Guadeloupe après l’abolition de l’esclavage.

Je suis actuellement en écriture de mon premier projet transmedia intitulé Projection.

Voir aussi : filmographie

PROJECTION, projet transmedia

Projection est l’histoire d’Oscar.

L’histoire d’Oscar est celle d’un homme qui a un problème avec le réel, et qui aimerait être un autre, n’importe qui d’autre.

Le réel d’Oscar est celui d’un homme hanté par la beauté d’une femme.

Elle l’aime, il l’aime, mais la réalité les empêche de s’aimer.

Si Oscar n’était pas Oscar, cette femme ne serait pas sa sœur.

Oscar est une projection de lui-même.

Projection est une histoire transmedia :

 

Un film photographique

Un roman cinématographique

Une exposition sonore & photographique

Une fiction radiophonique

 

Mathias Walter, auteur réalisateur.

 

PROJECTION, un roman cinématographique

AVANT PROPOS

Projection n’est pas un roman, c’est un film porté sous la forme libre du roman. C’est un roman de cinéma.

L’histoire d’Oscar n’est pas une histoire d’inceste, c’est une histoire d’amour, de désir et de souffrance.

Ce livre est une photographie écrite avec des mots.

PROLOGUE

Une petite église improbable, à la tombée du jour. Quelques fidèles dans la salle. Ils sont tous habillés de noir et portent une capuche. C’est une atmosphère étrange qui règne ici. À la place de l’autel, un homme au corps fin est assis sur un fauteuil, presque inerte. Il  est vêtu lui aussi d’ un costume noir et son allure ressemble à celle d’un prêtre.

Une femme entre brusquement, brisant le calme ambiant. Elle se dirige droit vers l’homme, quelques yeux se retournent vers elle. La grâce féline en robe courte moulante et talons hauts, comme sortie d’une photographie d’Helmut Newton, fond sur lui comme un rapace sur sa proie. Elle l’attrape et le lève des deux mains, lui lèche le visage longuement – une panthère goûtant le sang de l’animal qu’elle vient d’attraper à la gorge.

Une fois son festin terminé, elle le laisse retomber sur son siège, lui lance un dernier regard de complaisance et sort, naturellement.

Début de l’histoire d’Oscar.

OSCAR

Dans un petit studio parisien rempli de livres, un peu crasseux, l’homme, celui de la scène précédente, est endormi sur sa vieille machine à écrire, à moitié K.O. L’homme, c’est Oscar Lima, la trentaine et le style écrivain, chemise noire et pantalon de marque, pas repassés. Il marmonne, relève doucement la tête, la marque des touches est inscrite sur sa joue. Il tient une bouteille de Scotch vide à la main. Ses yeux ont du mal à s’ouvrir, ils sont collés comme ceux d’un enfant au réveil. Leur expression est vide de sens, comme peut l’être une vie passée à se prendre pour un autre. Un autre écrivain qui serait lu, et dont on attend la dernière édition avec envie en librairie. Il regarde sa bouteille comme si c’était une vieille amie d’enfance, scrute son environnement immédiat et repère une boite de pilules roses sur la table. Il en gobe quelques-unes.

Il tape à la machine.

«Je m’appelle Oscar, et je suis un autre.»

Oscar sort de chez lui, il marche dans les rues et se pose dans un café. Il regarde les gens passer et  arborer un air triste. Voici un homme isolé dans un environnement surpeuplé. Portraits photographiques de visages pluriels dans le bar, d’autres passent dans la rue bouillonnante, l’allure molle et  morne du Parisien.

La solitude d’Oscar se ressent, elle pèse lourd, trop lourd pour sa silhouette fine et fragile.

Les visages continuent à défiler dehors. D’autres sont heureux et affichent de la sérénité en cette journée de printemps parisien, entre pluie improbable et rayons lumineux rares et timides.

Une femme obèse avec un visage de crapaud taureau ferme la marche du flux de passants, Oscar s’attarde sur elle. Sa laideur le prend aux tripes, il se demande comment pourrait être sa vie sociale, si elle en a une. Ses vêtements et son allure, ainsi que quelques poils gros comme du crin qui lui poussent sur le menton par-ci, par-là,  laissent deviner une existence assez modeste et un travail ingrat. Une concierge ? Non, il n’y en a plus à Paris.

Une inspectrice de l’URSSAF, telle la dame qui le harcèle pour des AGESSA impayées depuis des années, un temps où il a reçu des droits d’auteurs pour son premier roman, immédiatement engloutis dans des dettes encore plus anciennes. Il se dit qu’elle ferait un bon personnage de fiction, et il  tente de faire appel à la partie de son cerveau qui gère l’imaginaire. Par effort de concentration, il retrouve un chemin de synapses, il cherche, cherche, fouille dans sa matière grise, plus profond que profond, mais rien, le vide.

Il se fatigue d’une telle recherche, de l’obscurité dense et presque palpable qui lui envahit l’œil. Fondu au noir. Deux neurones lâchent et il manque de s’évanouir. Il se reprend, ouvre les yeux. Combien de temps a t’il été absent de lui-même ? Des heures, des minutes, des secondes ? De l’obscurité de suie noire opaque ressort une silhouette de femme. Une forme parfaite de femme nue dessinée par Bilal. La fumée se dissipe et il aperçoit le visage doux amer et le corps longiligne et diabolique de sa sœur.

Est-il encore évanoui ? Comment ses neurones peuvent-ils passer de cette femme crapaud ignoble à la perfection visuelle de l’objet inavouable de ses fantasmes ?

Note d’intention du projet transmédia

Feuilleton littéraire

Roman cinématographique

Mode à Constantine (via Rencontre Photographique)

Here’s an « old » new article on an event which took place last year, and which is renewed in april this year… Cinderella’s Dream is still in the making.

Mode à Constantine En février dernier, s’est tenu le premier défilé de mode à Constantine, ville la plus conservatrice d'Algérie. Organisé dans un quartier industriel, au restaurant Palma Self, l'évènement a réuni environ deux cent personnes : des notables, le maire, le magazine féminin algérien Dziriet, des mannequins et bien sûr, les stylistes. Le photographe de mode Mathias Walter s'est faufilé avec son boîtier dans les coulisses… [caption id="attachment_372" … Read More

via Rencontre Photographique