Post-réflexions suite à l’action de l’eau (suite)

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Post-réflexions suite à l’action de l’eau (suite)

Voici près de 10 ans, depuis la photographie numérique et le web, et depuis la perte des liens humains au profit des liens virtuels, que je me pose la double question quasi divine existentielle, mais néanmoins primaire de l’auteur du 21e siècle :

Comment raconter une histoire et comment trouver son public ?

Le world « wild » web me direz-vous…

Mais bien sûr, pourquoi n’y ai-je pas pensé !? Le rédac’ chef de Rapho me l’avait dit, le web bien entendu !

Mais on y raconte quoi sur le web, vous y avez déjà vraiment réfléchi ?

Que la cousine a fait une jolie fête d’anniversaire sur « son Facebook » ? – D’ailleurs pour on dit « son » Facebook, il n’y a pas d’intimité sur Facebook… Que votre ex se tape un footballer en vogue qui peut se payer cinq appartements avenue Montaigne, alors que vous croupissez dans votre 23 m2 et avez du mal à joindre les deux bouts ? Qu’une actrice peu connue est devenue connue en devenant princesse ? Ou que machine est à Honolulu et qu’elle s’éclate à boire des mojitos ?

Bon, c’est sympa, mais ça ne fait pas une histoire… Ça pourrait, mais non.

Non, décidément je ne crois pas au web en soi, mais plutôt comme un tuyau, un écran multiple vers un public, et là ça peut valoir le coup.

Et en tant qu’auteur, ce méandre virtuel peut me servir pour une seule chose, une versatilité et multiplicité dont j’ai finalement toujours rêvé, un média multiple, ou plus exactement une multiplicité des médias.

Je m’explique. Je suis photographe, réalisateur et j’écris quelques lignes de mots à mes heures perdues. Et avant, un peu mécaniquement certes, si je voulais diffuser une photographie, c’était soit sur les murs froids d’une salle d’exposition, soit sur les pages (glacées) des magazines, et bien entendu cela voulait dire devoir passer par des galeries ou des DA ou autres rédactrices de mode ou encore des agents… Pour un film, c’était les producteurs… Ou la télévision.

Bref, le chemin était long.

Avec le web, ça a d’abord été une aubaine : fini les intermédiaires !

Mais pas tout à fait, car là encore c’est une illusion du virtuel ! Qui va regarder une photographie ou un film sur le NET, personne, et encore moins les gens « de la profession ».

Pire, l’auteur a le même problème qu’à la télévision : sur quels écrans vont être vues ses images ? Un vieux Dell avec vingt-cinq pixels morts, une dalle pleine de traces de doigts d’un DA peu maniaque avec son matériel qui touche son écran comme on touche une maquette papier ? Et cela pour quel public ?

Dans ce domaine, les seuls à s’en sortir c’est (encore une fois) Arte, avec arte.tv et arteradio.com, ils procurent une vraie écoute ou une vraie expérience de lecture pour quiconque a branché des enceintes ou un bon écran, ou même un iPad (lequel a un écran superbe)…

Je vois là le seul moyen de réaliser l’écriture d’une histoire, et de cumuler plusieurs médias sources comme la photographie, le film et le son.

Mais là non plus, rien de nouveau, puisque le génial Chris Marker avec la jetée et même Kubrick avec son magnifique roman photo, Prizefighter de Kubrick. Rien de nouveau, mais une possibilité d’aller plus loin, avec une idée de transmédia.

Même si le mot est un affreux barbarisme, je vois là des possibilités de faire des films réalisés à partir de photographies et d’enregistrements sonores, fictions ou documentaires, des films sonores et autres histoires racontées différemment. L’intérêt est évident : moins de moyens financiers, car équipes très réduites, possibilité d’écrire une histoire dans toutes les langues sans changer les comédiens (à l’image) et sans sous-titres, légèreté des moyens de tournage donc possibilité de voyager plus loin…

Les possibilités sont infinies !

Reste la question de la diffusion, et là bien sûr le web sera utile, puisque l’on peut tout y mettre, son, images fixes et animées, tout. Mais ça ne suffira pas, car rien de tel qu’une salle pour voir un film dans de bonnes conditions visuelles et sonores.

(…)

Je penche plutôt vers des moyens classiques de diffusion, comme les salles et la radio par exemple, mais qui seraient mis ensemble.

Voici ce sur quoi je vais travailler à l’avenir, avec le même amour pour la photographie et le son, mais en allant plus loin dans les idées et les moyens de diffusion, en allant vers un média multiplié, un transmédia intelligent.

Projection étant toujours en développement, ainsi qu’un autre long métrage, je vais développer plusieurs autres « films photographiques » ou nouvelles photographiques telles que la Danseuse que je diffuserai sur mon site dans les mois à venir.

 

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